
Découverte il y a 1 an et demi dans la prog' de la Garden Nef Party d'Angoulême après s'être retrouvée à 16 ans en 1ere partie d'Iggy et ses fuckin' Stooges, cette jeune rockeuse n'est pas seulement "fille de" mais une artiste (et une voix) à part entière, récompensée à deux reprises aux dernière Victoires de la Musique.

C'est à 20h30 en ce lundi tristement pluvieux que les choses sérieuses ont commencé. Son nom ? Jeff Lang. Soutenu sur scène par un bassiste au look so british, ce virtuose de la guitare aura déversé durant 40min sa country teinté de blues avec une technique et une assurance remarquables.

Et même s'il auraient pu se passer de son ingé son sourd, on ne peut rester insensible à l'avalanche de notes conduite par un doigté impressionnant. Le public adhère et sera assommé par un I Want To Believe monstrueux en guise de final, notre ami Jeff allant même jusqu'à chanter avec sa voix de Texan dans le micro de sa guitare ou glisser des paroles d'AC/DC. Magique, voir envoutant quand sa slide guitar se met à dégager des sonorités indiennes.

A peine le temps de finir sa bière que les lumières salle s'éteignent : c'est parti pour 2h non stop comprenant 2 rappels, soit 2 fois + de plaisir dans un aéro à 3/4 plein qui repartira à 100% satisfait. Tout le monde aura été servi : les familles fans de Petit Bateau avec l'agaçant mais triomphal Let Me Alone, les fans avec les guitares toujours aussi rugissantes de Sebastien Hoog mais aussi les curieux avec la présence de 4/5 nouvelles chansons -dont la saisissante Don't You Know- au goût plus pop rock que les anciennes.
Seront aussi servis les voyeurs avec 2h de dandinement irrésistiblement sexy, ponctué par des pics de lachers d'hormones lorsque la sauvage Izïa (pantalon moulant en cuir, talons de 10cm et haut transparent) incite à "bouger son body et son boul" sur Disco Ball.

Et si on l'avait trouvée un poil timide lors de son passage en oct 2009 pour Ground Zero au Splendid, la jeune Izïa, tout juste 20 ans, a muri et sait maintenant quoi dire à ces foutus pervers quand ceux-ci gueulent le traditionnel "à poil" avec des réponses à base de "toi, tu... tu me casses les couilles !", avant de s'inventer un monde où on s'exciterait en regardant l'autre en pull.
Et c'est ça qu'on aime chez elle : chaque soir, elle garde la même fraicheur, le même caractère naturel et spontané, qui laissera une osmose totale entre public ("dis donc, à Lille on est motivés" dès le 2e titre) et groupe.

On pourrait critiquer la mise en scène carrée de ce qui devient un spectacle (de la destruction de la batterie jusqu'aux lancers de micro) mais il n'y a pas de doute : ce soir, il se passe quelque chose. Un quelque chose sous forme de dialogue avec la salle à propos d'un certain Jean-Mich' qui retardera le début de son titre solo Life Is Going Down.
Ce quelque chose qui l'aura poussée à rallonger sa setlist d'une reprise mémorable de Rollin' On The River de Tina Turner et d'un Hey Bitch percutant.
Ce quelque chose qui aura aussi provoqué le malaise d'une spectatrice une fois les lumières rallumées.
Ce quelque chose, cet ouragan nommé Izïa, saura-t-il survivre à l'étape difficile du 2e album ? Après un concert pareil, on ne peut qu'avoir confiance en l'avenir et en ce fameux 'rock'n'roll' qu'elle chérit tant.

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