samedi 13 novembre 2010

Turner Cody + Faustine Hollander @ Péniche 11/10/2010


Et alors qu'il y a 92 ans jour pour jour, le 11 Novembre rimait avec gros enjeu, ici, rien de tout ça.
A la Péniche ce soir, ce n'est pas LA découverte hype ou LE retour attendu d'un groupe mais une simple soirée folk sans prise de tête. L'idéal contre la morosité ambiante et contre la pluie.
Une sorte d'ambiance feu de bois sur l'eau (et avec le bruit de la pluie), à l'image du public assis en tailleur dans cette péniche presque complète, tels des enfants bercés par une veillée scout.

C'est donc dans un cadre plutôt intimiste que Turner Cody, figure emblématique de la folk new-yorkaise de ces dix dernière années, passe par Lille au lendemain d'un échec marseillais. Un échec puisqu'il avouera lui-même, entre 2 superbes ballades folk-dylaniennes dont il a le secret, que "personne ne voulait voir Turner Cody" alors qu'il devait jouer à L'intermédiaire.
Se retrouvant alors seul dans Marseille, il décida de visiter les églises du coin et c'est en relatant cette anecdote qu'il s'est imaginé un monde où l'on pourrait transposer le beau temps du sud à Lille, le gentil public lillois dans le sud... et les églises marseillaises dans New-York.


La Péniche voulait faire dans la cohérence musicale ce soir, et ce fut réussi en choisissant Faustine Hollander comme première partie. Accompagnée d'un guitariste tout aussi gentil qu'elle, cette jeune belge timide joue dans la récitation scolaire.
Résultat : une longue demi-heure d'arpèges folkchiants divisant la salle entre le devant somnolant et le derrière bruyant au bar. Seul le dernier titre, plus énergique et avec des accords enfin frappés, nous fit taper du pied et nous aura laissé sur une plus ou moins bonne impression.


Digne héritier du copain Bob Dylan (paix à son âm..ah merde, il est pas encore mort. Enfin, c'est comme si..!), Turner Cody impressionne par son charme et sa présence, moustache, cheveux longs et chapeau inclus.
Un set épuré, du plateau (une housse de guitare et un pied de micro) au style (folk subtilement arpégée avec des paroles kitsch et adolescentes). Mais aussi un état de santé épuré puisqu'il paraissait fatigué.

Sinon, l'ensemble se rapprocherait d'un Adam Green calmé ou d'un Dylan jeune avec des mimiques d'un ado se touchant pour la première fois qui révèlent une grande concentration. Mais il gardera un bon contact avec les matelots de la Péniche en s'intéressant au lieu ou en s'amusant à faire croire qu'il aurait écrit une chanson lors de son dernier passage lillois, au Drugstore.


Il est plus de 22h30 quand la soirée se finit. Nous sommes alors tous prêts et prêtes à fermer les yeux après cette douce soirée avec laquelle on aura presque atteint l'overdose. Mais on remercie quand même la Péniche parce que c'est bon aussi des cures de folk, de temps en temps.

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