Et puisque les programmateurs français n'auront pas cette année réussi à faire des line up r'n'r et cohérents, me voilà parti pour une 2e cure d'accent belge une fois, cette fois-ci moins commercial mais pas forcément moins gros que les Ardentes puisque Dour accueille 200 bands sur 6 scènes durant 4 jours. La classe, le tout comme chez nos copains liégeois sous un temps caniculaire idéal.
Le festival rassemblant wallons, flamands et français garde-t-il toujours son titre de Woodstock belge ? Oui, à en croire les 15 000 campeurs, les scènes pouraves, la populasse densément réunie sur un pauvre champ qui a un an pour s'en remettre mais aussi à en croire la diversité, autant dans le public que sur scène et si elle pourrait dissuader un main squarien, elle n'aura gêné personne durant les 4 jours et fait la richesse même du "best medium-sized festival" européen. Forcément on n'est plus en 1968 et aucun festivalier n'aura loupé les envahissantes pubs pour Jupiler (ah, douce Belgique..) ou Coca (ah, douce mondialisation..), des chapeaux aux saloons en passant par les put...euh les gentilles madames qui ont rafraichi les festivaliers.
On aura donc choisi la journée de clôture cette année et elle devait plutôt bien commencer avec les Curry&Coco, jeune duo lillois chouchou du Grand Mix dont l'album We Are Beauty est sorti en avril dernier. Et rien n'arrête nos lillois, qui avait fait un showcase remarqué à la fnouc en juin. Ils jouent à 14h40 devant un Dance Hall clairsemé des rares festivaliers qui auront réussi à se lever avant 14h? Ils s'en foutent, feront bouger les têtes et chanter avec leurs tubes dance-rock et joue même avec ça ("vous êtes déjà ou encore bourrés?") Ils enchainent les festivals sans vacances ? Nos warriors ne s'arrêtent pas et envoient leurs bombes prénommées Who's Next ou Sex Is Fashion sans se poser de question et la batterie déjà F1 sur le cd prend tout son sens en live. Dommage que cette dernière aura fait la gueule et malgré quelques essais, les problèmes techniques vont gâcher un beau set, finalement écourté de 10 min. Tant pis, on verra ça à la rentrée !
Changement de registre (habituel à Dour) et passage à la Red Frequency open air stage pour apprécier une bière à la main la folie qui envahit autant le public que la scène pour le reggae français des Danakil. La suite sera aussi nice avec le rock planant foalsien instrumental des Errors. Instrumental, c'est sympa, mais dans le cas du groupe originaire de Glasgow, on aimerait un décollage en forme de chant pour nous faire vraiment kiffer. Dommage, d'autant que la musique reste intéressante. Après Foals, influence BBBurnes dopés au r'n'r avec les gentils belges de Van Jets. Et vas-y que je fais semblant de monter sur les drums ou de faire des solos de faux guitar hero, et vas-y que je fais chanter le public composé à majorité de groupies belges (on qualifierait ça de 'phénomène') sur des airs qui te restent dans le ciboulo après la fin du set... mignon.
18h. Alors que le site se remplit pour la dernière louche de groupes et que les derniers campeurs se réveillent, les choses sérieuses commencent.. dans la Petite Maison dans la Prairie (pas la série, la scène) avec Dieu, ou enfin presque. Je dis Dieu car le leader des israéliens de Monotonix pourrait passer des castings pour son sosie. Enfin bref : cheveux longs, barbe et surtout, à la différence de God, folie mentale. Mais de la bonne hein. Cette folie r'n'r de plus en plus rare de nos jours. Celle qui pousse à passer le set entier dans la fosse avec ton gratteux à slamer, escalader puis sauter, pogoter, jouer des drums porté et tout ça .. en caleçon (l'occasion pour les rares photographes kamikazes de prendre des photos X disgusting mais impressionnantes). Le staff est sur scène (la vraie) et contemple l'énorme bordel éphémère. Pendant que le maître occupe la partie gauche, les autres pogotent et inversement. Après fait asseoir avant de se lever tout le chapiteau ("stand fucking up") et annoncé une "fucking fight" entre un belge et un toulousain, le groupe finira son set hors chapiteau en escaladant le bar. Les bières volent, le public devient fou, il est 19h et la soirée (journée pour certains) peut commencer.
Et tandis que les festivaliers cherchent encore de l'ombre sous les arbres et que les madames de chez chutchutpasdemarque distribuent encore de la crème solaire et des lingettes (utiles au bout de 4 jours sans douche), direction le Club Circuit Marquee pour un changement radical de style : ici on est belles, sages, souriantes et on dit pas de gros mots, on écourte le set et on s'appelle les Dum Dum Girls, alias les Plasticines américaines. Si elles sont musicalement plus pertinentes que la version française, cette riposte devient vite lassante et c'est surtout à voir qu'il y a et ce sont pas les groupis (sans 'e') à la barrière demandant un rappel (voir + si affinités..) qui diront le contraire. Passons.
Et c'est en devant faire des choix dans le line up qu'on reconnait la qualité de la programmation de cette dernière journée : adieu donc la bonne world music des Tinariwen ou le rock Archie Bronson Outfit mais aussi le r'n'r 70's des vieux Sonics ou l'électro-pop sauvagement provocatrice du duo français Sexy Sushi.
La chaleur a baissé, la Last Arena n'est pas trop encombrée. Les conditions optimales pour le set des mythiques Raveonettes. Et ce fut réussi de chez réussi si on oublie les quelques larsen et le bruit du foutu stand Coca. Classe et sobriété, les éléments du live savamment orchestré par le duo Sune Rose Wagner - Sharin Foo. Multi-instrumentistes, les membres du groupe nous donnent des frissons avec leur setlist parfaite. Un des meilleurs moments de la journée, partagé autant par le band que les festivaliers présents et ayant renoncés à la musique populaire et banale des Balkan Beat Box (et parce qu'une grosse ambiance ne fait pas toute la réussite d'un live). On décide alors de man-ger et non de voir Giant Sand, de peur d'être déçu après la beauté des Raveonettes. Détour par les 'water' : berk.
C'est au moment du sublime Dour sunset que John Stargasm (qui a troqué son smocking contre une veste en jean et un jean noir troué) débarque avec ses Ghinzu, électrisant la foule réunit en masse avec une setlist surprenante : enchainement jouissif de Take It Easy, Cold Love et Do You Read Me. Et c'est ça qui fait plaisir avec les bruxellois : ne se reposant pas sur la force et l'engrenage solide mis en place lors de leur tournée à rallonge, ils se renouvellent à chaque fois, preuve avec l'exclusive reprise du classique Killing In The Name Of des Rage, réussie et ravageuse. L'heure passe vite et il est 23h05 quand le band quitte la stage, victorieux. Wow.
On aimerait maintenant, afin de digérer correctement le concert, que les castors coupent les fils de la sono assomante du saloon Jupiler mais non et puis il est l'heure d'aller apprécier le set du faux hippie du XXie, Devendra Banhart, qui s'est coupé les tifs, assez pour nous turlupiner durant tout le set à savoir si c'est mieux ou pas. Dur dur et sa pop joyeuse aura au moins eu le mérite de nous donner la pêche tout en restant musicalement correct. Un peu d'humour, une bonne présence de la part de Mr Ifeellikeachild.
Vient enfin le tour de Calvin Harris en live, et c'est important de le préciser car au final, il nous aura donné le goût du live par rapport au Dj set qui demande un taux d'alcool dans le sang minimum. La Last Arena va se transformer en dancefloor géant avec un public majoritairement jeune. Tandis que ses musicos deviennent fous, Calvin, lui, reste sage et propre et devient vite énervant en carburant au "thank you very much" à chaque fin de titre. Énervant aussi en survoltant (gâchis!) le megatube Acceptable In The 80's.
Et pendant que les Air guitariens se ridiculisent, il est l'heure de faire un dernier tour du site, d'avaler la dernière frite-mayo et de refuser pour la dernière fois du shit. Dour est crade, Dour est fatigué mais Dour a clôturé en beauté sa 22e édition et peut maintenant hiberner pendant une longue année. See ya !
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Yeah ! Super cool à lire, très bon compte-rendu... et je pèse mes mots. Par contre je ne te pardonerrai pas d'avoir loupé les Sonics, je sais pas qu'il y avait en même temps mes les Sonics zut ! Déjà, c'est pas du rock'n'roll 70's : ils n'existent plus dès 68, c'est du GARAGE ROCK 60's §§§ et pas n'importe lesquels. En fait, c'est LE groupe de garage rock ultime... Première influence des Stooges par exemple. Bon, maintenant je comprends que t'aies eu peur du come-back des vieux rouillés qui jouent nostalgiquement leurs accords avec une voix chevrotante des chansons que tu connais même pas.
RépondreSupprimerAllez, je lis la deuxième journée maintenant (ouais, à rebours c'est mieux).
Hey, ça fait méga plaisir de lire ton commentaire, et de voir que tu restes fidèle à mon blog injustement déserté.
RépondreSupprimerLes Sonics étaient en fait écrasés par Devendra Banhart et ce bon vieux Calvin Harris... J'aurais surement dû faire un détour par les Sonics mais les scènes sont super loin à Dour donc big shame on me ils sont passés à la trappe. Mais mon père, qui a eu la chance de voir un bout des Sonics et un bout des Sexy Sushi a dit que les 2, dans leur style respectif, étaient super bons.
Les Sonics restent peut être l'influence première des Stooges mais n'oublions pas que celle d'Iggy est les Doors.
:)